Archive pour la Catégorie 'Ecologie'

Compte-rendu de l’excellent reportage LoveMEATender.

« LoveMEATender » est un reportage que la télévision belge (RTBF la une) a retransmis notamment le 17 octobre 2011 de 22h05 à 23h20. Etant végé, je déplore qu’elle ne tienne pas compte plus de quelques secondes de la souffrance animale, et ce, en des termes choisis et plus que pondérés : »on aime les animaux, on mange de la viande, mais il y a un silence entre les deux, comme si l’animal n’était pas abattu »… point. On ne va pas plus loin sur ce thème, donc, je considère que c’est un reportage de non-végés soucieux de la planète et des humains, et pas forcément du bien-être animal en lui-même.

A cause de cela, j’ai hésité à retranscrire mes notes prises tout au long de l’émission… et si finalement je décide de le faire tout de même, c’est parce qu’en tant que végé, je me dit que tout argument est bon à prendre pour qu’il  y ait moins de souffrance animale de par le monde, et particulièrement dans nos pays occidentaux (USA et Europe). Si le non-végé est convaincu que la planète et sa propre santé sont en danger à cause de son propre excès de consommation de viande, et que grâce à cela il en mange moins, tant pis, moi ça me va, même si mes raisons sont différentes, je fais feu de tout bois…

 Lisez donc ces quelques lignes, elles ne vous prendront pas beaucoup de temps, et vous apprendront peut-être des choses que vous ne saviez pas…

1) Des chiffres…

Il a été approximativement calculé qu’en moyenne, dans une vie, le mangeur de viande consomme :

-5 vaches, 7 moutons, 42 cochons, 891 poulets, 43 dindes et 24 lapins…

En Belgique, on abat chaque année 285 millions d’animaux, dont on consomme en moyenne 800gr par semaine.

Dans le monde, 60 milliards d’animaux sont abattus chaque année, mais il est clair que la répartition de la consommation dépend des régions. Ainsi, le niveau de vie américain réclame l’engloutissement de 10 planètes Terre, contre 3 planètes pour le côté européen (ne parlons pas du sud !)… le calcul est vite fait : de Terre, on n’en a qu’une.

2) l’ancien agriculteur témoigne tout au long du reportage…

C’est un vieil homme qui a vu les choses changer en à peine 40 ans, et il les explique telles qu’il les a vues évoluer.

« Jusque dans les années 1960, dans les campagnes, on pratiquait l’élevage, mais très vite, on est passé à l’élevage intensif, puis l’élevage industriel. »

Petit exemple, « avant, on avait une centaine de porcs maximum à la ferme, élevés en prairie, nourrissant le sol de leurs déjections, et l’engraissant en échange de ce dont ils se nourrissaient.  Puis on n’a plus eu 100 porcs, mais 1000, voire 10 000, et dont les déjections, trop abondantes, constituent désormais une pollution à part entière. » En effet, les engrais produits par les déjections du cochon ont multiplié par 5, ce qui dépasse largement les quantités nécessaires au sol, d’où, ces déjections s’en vont rejoindre la mer où elles font proliférer des algues vertes qui produisent un gaz mortel quand elles pourrissent…

On peut dire que la mer est aussi polluée par les cochons !

« Idem avec les vaches, le but est de mettre le plus possible de protéïnes dans un minimum d’espace, ce qui nécessite engrais et pesticides. On a aussi boosté l’appétit de ces animaux qui désormais ne consomment plus de l’herbe, mais principalement du maïs et du soja. Il faut savoir que 80 % du soja mondial est importé en Europe qui ne peut le produire. Et on vérifie la qualité de la nourriture ingérée par de nouveaux moyens, notamment par le système des « hublots », (véritables petites fenêtres cousues à même certaines vaches) rendant désormais littéralement transparent leur estomac et, par un système d’ouverture, la nourriture en digestion peut être prise à même l’estomac pour être analysée en laboratoire ».

3) D’où vient principalement le soja qui engraisse les vaches ?

Du Brésil, qui produit en outre à lui seul 10% de la viande mondiale. Mais le but est de doubler cette production, et pour cela, il faut du soja, toujours plus de soja… donc toujours plus de terres pour le cultiver. Et comment on trouve ces terres ? En déboisant encore et encore l’Amazonie.

Or, il faut savoir qu’au delà de 40% de déforestation de ce « poumon de la terre », l’Amazonie ne pourra plus se renouveler suffisamment et cela risque de précipiter sa fin, puis celle de la Terre, et donc la nôtre.

4) Des hommes meurent pour le soja des grands propriétaires…

En Amazonie vivent de petits agriculteurs que les grands propriétaires veulent expulser pour planter leur soja, et bien sûr, n’apprécient pas beaucoup que ce « menu fretin » humain fasse de la résistance. 1,5 millions de personnes ont déjà tout perdu, et ceux qui ne se laissent pas faire sont abattus eux-mêmes (et oui, on n’abat pas que les bêtes!) par les gardes armés de ces vastes propriétés. Des Brésiliens sont morts pour que le soja vive, pour que les vaches se multiplient, et que l’Occidental ait plus de viande à manger !

5) Du soja à l’assiette, la souffrance de la planète…

Des points 3) et 4) on peut déjà en déduire que la forêt disparaissant augmente le « réchauffement climatique », car on a calculé que la viande à elle seule (du soja à l’assiette) produit 18% des gaz à effet de serre (plus que les voitures !), ce qui menace la survie de tout le monde à plus ou moins long terme, et également qu’il se pratique un esclavage humain, voire, des assassinats.

Mais revenons à la planète… si on additionne la déforestation, la culture intensive du maïs et surtout du soja, et qu’à cela on ajoute les transports (notamment vers l’Europe) et le méthane produit par les animaux, il y a déjà un problème… Mais ce n’est pas fini.

6) Le problème de l’eau…

On a calculé que d’ici peu, 75 à 250 millions de personnes de par le monde (surtout dans le sud bien-sûr, auront de graves pénuries d’eau). Pourquoi ?

Parce que la production d’un kilo de boeuf nécessite 15 000 litres d’eau, pour seulement 200 litres par kilo de tomates et 160 litres par kilo de pomme de terre… La viande nous pompe 45% de l’eau mondiale !

7) Où l’on évoque en passant la maltraitance animale…

Il est devenu clair qu’avec l’élevage industriel, les « batteries » de poules, cochons, canards etc… commencé principalement dans les années 70, la qualité de vie de ces animaux est catastrophique, mais ici, le reportage, sans doute soucieux des âmes sensibles, n’entre pas dans des « détails » qui pourtant sont la base de beaucoup de vocations végétariennes (en tout cas de la mienne, je ne connaissais rien de ce qui se passait en Amazonie !).

Il se contente donc de préciser que l’animal n’est plus qu’une « usine à protéïnes »…

8 ) L’effet « boomerang » sur la santé humaine d’une nourriture ainsi produite !

Un effet de symbiose se produit entre l’animal mangé, ce que les conditions de sa vie ont fait de sa viande, et l’humain qui la consomme, déterminant dans le bon ou le mauvais sens la santé de ce dernier.

Manger de la viande d’élevage industriel a un prix, et non seulement financier…

Si la vache consommée a mangé de l’herbe en pâture toute sa vie, elle a fait le plein d’omega 3 dont on sait le bénéfice sur la santé, et surtout le cerveau humain (même si les poissons en contiennent bien plus, mais ceci est une autre histoire), mais si elle a consommé uniquement du maïs et du soja, elle contiendra un excédent d’oméga 6 qui peuvent être nocifs pour l’organisme humain :

-problèmes cardiaques, dépression, diabète, cancer, sans compter l’épidémie d’obésité que l’on constate chez les trop grands mangeurs de viande.(et on n’évoque à peine ici les maladies transmises à l’humain, et qui provient de l’invention la plus absurde de l’industriel : nourrir des herbivores à la poudre de viande ! Tout le monde connaît ce drame)

9) Conclusion.

Si donc, vous, en tant que non-végés, êtes tout de même interpelés par ces problèmes planétaires et sanitaires, et que votre santé vous concerne plus que de manger de la viande tous les jours, surtout celle que vous trouvez en barquettes toutes prêtes dans vos supermarchés, pensez à consommer « qualité »…

Je laisse le mot de la fin à ce vieil agriculteur témoin de la catastrophe annoncée qu’est l’excédent de consommation de viande dans le monde (et cette parole ne concerne même pas les problèmes planétaires ou éthiques) : il faut, pour que la symbiose mangeur/mangé soit la plus favorable possible à l’indisociable santé des deux, que l’on en revienne à l’agriculture traditionnelle : moins de cheptel, mais sur de l’herbe, et donc, moins de naissance d’animaux, et moins de consommation de viande…

« Jadis, dit-il, la viande, c’était pour le dimanche ! »

Merci d’avoir lu ce compte-rendu jusqu’au bout, espérons qu’il vous ait appris quelque chose comme à moi…

Ajout de Kem : ont participé à cette émission : spécialistes : Jane Goodall, Rajendra Kumar Pachauri, Nicholas Stern, Pascal Lamy, etc.

 




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