Archive pour la Catégorie 'Littérature'

« Never let me go » (quand les humains sont clonés comme des animaux)

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Auprès de moi toujours

(Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.)

Auprès de moi toujours (Never Let Me Go) est un roman de l’auteur anglais Kazuo Ishiguro, publié en 2005.

L’oeuvre a été sélectionnée pour Booker Prize (prix qu’Ishiguro avait déjà remporté en 1989 avec Les Vestiges du jour). Time magazine en fit le meilleur roman de 2005 et l’un des 100 meilleurs romans anglais publiés depuis 1923. Une adaptation cinématographique a vu le jour en 2010, sous le titre Never let me go. (avec Charlotte Rampling et Keira Knightley…)

Présentation

Kathy, une jeune femme de 31 ans, se retourne sur son passé. Sa mémoire lui fait revisiter ses années d’apprentissage, passées dans un pensionnat britannique perdu au milieu de la campagne, sans beaucoup de contact avec l’extérieur. La jeune femme semble ne pas pouvoir dépasser d’anciennes blessures de jeunesse. Au fil du roman, la vérité sur ces enfants coupés du monde durant plusieurs années se fait jour…

Résumé

C’est dans une Angleterre dystopique que s’ancre le récit d’Ishiguro, et pourtant les dimensions politiques et éthiques de ce qu’il imagine ne sont qu’à peine effleurées. Sur la science-fiction en bonne et due forme, prévalent ainsi les souvenirs empreints de nostalgie de la narratrice. C’est avant tout la sincérité et la délicatesse des sentiments qui s’expriment dans une langue d’une clarté rare. Derrière ces temps regrettés de l’innocence et de l’amitié, se cache une réalité toute autre et qui ne s’entre-aperçoit qu’à la fin du récit.

Après la dissolution du pensionnat, et la mort de Ruth, Tommy et Kathy suivent les dernières recommandations de leur amie disparue et partent à la recherche de réponses qui ne manqueront pas de répondre aux interrogations du lecteur. Les anciennes directrices de l’établissement leur apprennent ainsi la triste réalité : il n’existe aucune possibilité de reporter l’échéance des dons (d’organes). Les hypothèses que Tommy et Kathy avaient formulées depuis leur adolescence à propos de la galerie de Madame sont ainsi détrompées ; les oeuvres des pensionnaires ne servaient ainsi qu’à récolter quelques dons (sonnants et trébuchants ceux là) et accessoirement, à prouver l’existence de leur âme.

Mais le plus effrayant dans ce récit, au-delà de la société que dépeint Ishiguro, c’est peut-être la résignation de ces jeunes, futurs donneurs, et qui semblent accepter leur destin sans trop d’états d’âme. Au-delà de la question du clonage, finalement incidente dans le récit, faudrait-il voir dans l’acceptation résignée de ces donneurs une dénonciation indirecte et subtile de la passivité ambiante et cette fois-ci bien réelle de la société contemporaine ? Car si nous ne sommes à l’évidence pas des clones à l’échéance de vie limitée à une trentaine d’années et sans possibilité aucune de descendance comme les trois protagonistes, il semble en revanche que nous partageons avec eux une résignation atterrante, ayant perdu tout espoir de changement. D’ailleurs, Tommy et Kathy, s’ils se décident enfin à trouver des réponses à leurs maigres questions, jamais ne questionnent l’existence et le bien-fondé du système en lui-même.

Quel est le rôle alors confié à l’éducation ? Celle qu’ils ont reçu à Heilsham et qui semblent faire d’eux des êtres d’exception, ne visaient aucunement l’éveil d’un quelconque esprit critique, non, il était juste question de leur procurer un bonheur passager auquel ils pourraient se rattacher une fois venu le temps de leurs dons.

De toute évidence, si la résignation mélancolique de Kathy sert le style élégiaque d’Ishiguro, les questions effleurées par l’auteur sont éminemment politiques et c’est à chaque lecteur de tenter d’y répondre

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Léon Deubel (1879-1913)

Léon Deubel, né à Belfort le 22 mars 1879 et mort à Maisons-Alfort le 12 juin 1913, est un poète français. Pauvre, inadapté à la vie sociale, il se suicida en se jetant dans la Marne après avoir brûlé tous ses manuscrits.Deubel est considéré comme le dernier des poètes maudits.

 Détresse

   

Seigneur ! je suis sans pain, sans rêve et sans demeure.
Les hommes m’ont chassé parce que je suis nu,
Et ces frères en vous ne m’ont pas reconnu
Parce que je suis pâle et parce que je pleure.
 
Je les aime pourtant comme c’était écrit
Et j’ai connu par eux que la vie est amère,
Puisqu’il n’est pas de femme qui veuille être ma mère
Et qu’il n’est pas de cœur qui entende mes cris.
 
Je sens, autour de moi, que les bruits sont calmés,
Que les hommes sont las de leur fête éternelle.
Il est bien vrai qu’ils sont sourds à ceux qui appellent.
Seigneur ! pardonnez-moi s’ils ne m’ont pas aimé !
 
Seigneur ! j’étais sans rêve et voici que la lune
Ascende le ciel clair comme une route haute.
Je sens que son baiser m’est une pentecôte,
Et j’ai mené ma peine aux confins de sa dune.
 
Mais j’ai bien faim de pain, Seigneur ! et de baisers !
Un grand besoin d’amour me tourmente et m’obsède,
Et sur mon banc de pierre rude se succèdent
Les fantômes de Celles qui l’auraient apaisé.
 
Le vol de l’heure émigre en des infinis sombres,
Le ciel plane, un pas se lève dans le silence,
L’aube indique les fûts dans la forêt de l’ombre,
Et c’est la Vie, énorme encor qui recommence !

(1900, place du Carrousel, 3 heures du matin.)

 

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